28.07.2006

Ouin ouin

 

-Woaf, fit le cousous.

 

Pis j'ai toujours des vers dans l'estomac-climat.

 

 

Kouka.

 

26.07.2006

Kha


Que bonita la mañana

comiendose el precipicio!

Que puerquita tu pestaña

en las tripas del artificio!

 

----------------------------

 

Le nuage gronde

est affamé

nonchalant

La pluie tombe

est sucrée 

dessinant

[des petits océans ou se perdent les oeufs multiples des moustiquesses carnivores]

 -Venez me bouffer, mes bras, ma diagonale, pompez mon venin caustique

tic

hic.

-Desséchez moi, mes organes, ma verve, avant que l´heure exacte ME CONSUME

fume

dune.

 

 

Os qui craque

artère qui fuck

slaaaaaaak.

 

 

Kouka.

 

25.07.2006

Nuit épileptique

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L'indien,

l'un

dit:

hein?

 

Voici

qu'une pluie

suffocante

de peyotls

épouse l'horizon

vague

et alambiqué

du bout de mes perceptions

je deviens

loup

tout d'un coup

pis,

une chouette

bien chouette

qui bouffe

des couleuvres

affolées

et

des couleurs

veuves

qui ont perdu

le pâle

reflet

de l'aube pudibonde.

 

Mon aorte

dessine

le mouvement

divin

mes sens

pensent

bruillament

dans le vide

absolu

et opaque

de la ville chaotique

.

.

shâ

un éclipse

poignardé

en plein

coeur

nu

cabron

l'asphalte

a un goût

nouveau

imbu

de démence

ruisselante

du ciel

alibi

Colibri

je t'aime

dans la nuit

de ta langue

vautour

ôhü

ra

rhô

bave

psyquédélique

de mots

ohöjâ

hîuz

zooñ

pouhâ

miuêl

nohômmwe di Dù

Aurore

part!

part!

Part!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

[syncope, saint cop-ain]

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

bang!

kaboum!

retour aux claques

en vrac

cependant 

jeu

me dilue

siïiiiïïÏÏÏÏÏ

...............bien

dans la poussière

moite

de ses cheveux

infinis

fini

in

encore

un jamais

de vide

à mastiquer

wôuy

gâe

rashô

pouhî

Aurore

part!

part!

part!

 

 

 

 

 

.

ABLATION

ABLATION

ABLATION [texte onéreux].

 

 

Kouka.

 

(photo prise par Kouka lors d'une répétition de danse, elle illustre un peu le côté épileptique du texte...)

 

11.07.2006

Stratosphère


Edentée

la terre

roule

à l'instar

une impasse

centripète

puis

viennent

ces caniveaux

qui 

couinnent

like

des

portes

avariées

ne cessant

de

forniquer

les passant

pressés

comme des oranges

mécaniques

tralala

et

haut

Vénus

éclate

en

une

myriade

de mozaïques

sidérales

coupant

les

petites

veines

des rétines

béates

usées

uZêh

et

mon bras

lance

des

aventures

inexplorables

au-delà

de la stratosphère

pyramide

oblique

à

l'état

gazeux

déversant

réverbérations

sans faim

ni abîmes

tout

pour le toux

entre autres hiboux

célestes

voir

crochus

aux plumes

épousant

ma chair

violée

par

l'inconstance

d'un

horizon

virulent

zhû

boing.

 

 

Kouka.

 

07.07.2006

Ebauche [old]

Dis-moi les fleurs écarlates
écloses sur ses joues d'enfant
dis-moi les mots qu'il frelate
ces tics qu'il sème à tout vent

 

Dis-moi sa désinvolture
et écoute la rhapsodie
amère d'une boursouflure
noyée de mélancolie

 

Un soir blème de lune absente
suffocant de mille naufrage
je devîns l'île phosphorescente
où il s'échoua sans amarrage

 

Il s'endormit dans les décombres
yeux nus, bouche indécente
vulnérable dans la pénombre
rouge des lendemains qui hantent

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06.07.2006

Sacrés échymoses, et tempête.

 

Dehors dans le bunker populaire

des pirouettes acides

virevoltent dans tous les sens

ça gicle du cri aigu

et des missiles alcoolisés

baveux

moi indifférent

je stagne en mode introspectif

je cherche une voix

une fée-dragon

un soupir diatonique

en osmose avec les vibrations de la jungle Lacandone elle même

mais je bute

je trébuche avec les miettes de cils

qui jonchent le sol-eil

je me cogne contre les parures des nuages

diaboliques

éléctriques

toujours à l'affût du moindre bout métalique

pour vomir lumières,

éclaboussements cinglants

aux reflets périlleux

derrière cette fenêtre béante

ouverte sur un néant en perspective

qui s'enfonce dans l'horizon-chorizo sans limites,

si enfin, les fesses

des monts et de vallons

les mains des peintres

épileptiques

L'homme qui buvait la pluie

en bruit de fond

comme un teint sonore folky

qui coule sur mon fasciès ahuri

embourbé de lumière intermittente

zizaguant-serpent-nocturne

fffffffffffffuiiiiiiiiirrrrrrrrr

dans les recoins de ma piaule poisseuse

ffffffffffffuiiiiiiiiiiiiiiiiiirrrrrrrrrr

et les iris d'Améliku,

comme des petites flammes vacilantes,

qui sont toujours là

braqués sur mon incertitude,

tableau qui penche

mémoire qui ne flanche

pan!

ou sont les limites du sacrifice?

ou sont les hermites du pastis?

patati patata

l'ourson coagulé couine onomatopéiquement

mon ourson

le miens le vrai

ce bon vieux camarade mordu par mes dents

et celle du temps mangeur d'hommes,

semble fidel à son poste

alibi dans un procès pro-mélancolique à l'eau d'aurore

juste

entre ma côte Ouest

et la porte qui se dérobe

à l'heure ou les fantômes

murmurent

le cynisme

d'une mélodie incomprise...

 

Prisme

spectral

dans ma colonne vertébrale

vice et vers ça

toujours.

 

 

Kouka.

 

05.07.2006

Passé poisseux [old]

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Le jus des mégots écrasés encrasse
Les attaches du toit
Effluves tristes et chair lasse
Du tabac froid
Que fondent les lèvres endurcies et crasses
Des enfants rois
Que ces éternelles retrouvailles tassent
De désarroi
 
Les vieux spectres se délassent
Sur la paroi
Peut-on sonder leur surface
Sans rester coi ?
Sans que nos larcins anciens ne grimacent
Sur le billot de bois
Et que nos yeux ne ressassent
Les feux grivois
 
L’ardeur lézarde les cuirasses
Des mots étroits
L’éternelle ardeur brise-glace
De nos ébats
Et dans l’aphasie vorace
L’effroi sournois
Suggère de faire volte-face
Cahin-caha
 
Reste une rancœur tiédasse
Au fond des rince-doigts
Et le dégoût infiltre les crevasses
De nos émois
Tu lâches dans le tohu-bohu du postface
Un alinéa
Un allumoir que je ramasse
En mon carquois
 
Cède là cette carcasse,
Rentre chez toi
Avant que la déraison coriace
Comme de la poix
Ne vienne vagir sous nos terrasses
Encore une fois
Embourbée dans les traces tenaces
D’autrefois —pouah !
 
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Illustration originale exéctuée par Aakash pour le texte. 

Les aventure de Patricia N. Froggy-Ribbit-Ribbit

Nonsense
 
C’est l’histoire de l’héroïne d’un Harlequin qui veut s’échapper. Elle a un nom à coucher dehors et elle est dactylo. Mais au fond d’elle quelque chose refuse le beau et riche héritier ténébreux qu’elle va rencontrer et qui va la faire succomber grâce à sa troublante Jaguar vert-émeraude.

Patricia Froggy-ribbit-ribbit pensait à l’Antarctique. Ça la prenait souvent en fait. Le soir surtout. Quand elle n’entendait plus le bruit des machines à écrire, quand elle se trouvait seule face à son papier-peint Art-Nouveau et sa copie des Nymphéas dans son petit vingt mètres si désespérément carré. Elle aurait bien aimé ressembler à "Ma sorcière bien aimée", où à n’importe quelle autre héroïne de son temps —Madame Pierrafeu ou Betty Boop par exemple. Mais bon, en ce moment elle ne pensait pas à ce qu’elle voulait être, elle pensait à l’Antarctique et à tout son folklore de neige, de glace, à perte de vue. Elle venait d’exister, dix lignes plus haut sur une feuille format A4, Police Times, Taille 12, alignement justifié …onze lignes maintenant. Elle avait un poisson rouge nommé Wanda, elle l’avait vu naître. Dans son enfance, elle avait peut-être habité le Connecticut ou l’Australie, elle ne savait pas très bien, elle aurait bien aimé être née en Sibérie, en Alaska, au Groenland, bref, n’importe où qui ressemble un tant soit peu à l’Antarctique. Elle avait un joli miroir. Elle aimait bien se regarder et réciter à voix haute :— J’aime bien ma silhouette liane, ma poitrine généreuse et mes yeux bleus. Ma peau cuivrée trahit mes origines italiennes mais j’ai été élevée ici, à Londres. Mes cheveux sont « blond-vénitien » normal pour une italienne. Je ne suis qu’une simple dactylo. Je me sens laide, oh tellement laide, ma vie est ratée, je cherche l’amour, j’ai envie d’être en Antarctique, enveloppée dans une peau d’ours blanc. Mon patron conduit une Jaguar vert-émeraude, il est brun, grand, avec une mâchoire carrée, un visage dur mais des yeux incroyablement clairs. Il est sortit avec toutes mes collègues. C’est sûr il va me faire des avances. Je ne suis pas amoureuse de lui. Pourtant, c’est vrai il me trouble. Sa Jaguar verte se reflète dans ses yeux clairs. Sa mâchoire suggère un caractère puissant, il doit être Taureau, comme Wanda.
Elle s’approche encore du miroir. Elle tient un tube de rouge à lèvre dans sa main, sa couleur met en valeur ses lèvres pulpeuses, un peu comme celle de cette actrice française, B. B. qui s’est mariée avec un ________ , celle qui a montré ses fesses dans Le Mépris. Elle marque ANTARCTIQUE. Elle répète le mot plusieurs fois. Mais de toute façon ça ne va pas. Elle ferme les yeux, imagine un appareil photo magique.
CLIC CLIC CLIC TE VOILÀ EN ANTARCTIQUE.
Elle aime bien les appareils photo avec des gros objectifs. Elle aime bien aussi les panneaux lumineux dans le métro. On appuie sur un bouton, n’importe quelle station, et le trajet s’allume. Elle aime bien aussi Pete Doherty, même si elle milite contre la drogue. Sa sœur prenait de la drogue. Maintenant elle est … (elle hésite, elle a l’embarras du choix, un peu comme au super-marché) … à l’hôpital psychiatrique. Sa mère prenait de la drogue. Elle est ... (hésitation) … morte d’overdose. Son père prenait de la drogue. Il a … (un temps) … fait le coup de Jimmy Hendrix, sauf qu’il ne savait pas jouer de la guitare avec les dents, alors forcément, c’était moins classe. Non. En fait elle était fille unique, en fait son père ne l’avait jamais reconnue, et sa mère était toujours vivante, au fin fond de l’Oklahoma, avec une permanente ratée et des robes vulgaires en tissu synthétique, tout les samedis, son esthéticienne venait lui enlever les poils des oreilles. Non, c’était encore pire. Elle avait été fabriquée en laboratoire. Ses parents étaient deux chromosomes made in éprouvettes, il s’appelaient X et Y. Elle éclata en sanglot.
— NOOOON !
Il fallait qu’elle se remette les idées en place. Si elle continuait, elle allait devenir schizophrène, ou pire, célibataire.
— L'anomie (du grec an- : absence de, et nomos : nom, loi, ordre, structure) est l'état d'une société caractérisée par une désintégration des normes qui règlent la conduite des hommes et assurent l'ordre social. L’anomie c’est le chaos social. Je doit être une anomie. Est-ce qu’on peut dire je suis une anomie ? Non, on doit dire anome, comme dans mélanome. Je suis une anome. Je suis un électron bombardé de protons. IL FAUT QUE J’AILLE TRAVAILLER. Sinon, sinon je deviendrais une anome. Et je ne pourrais jamais m’asseoir dans la Jaguar vert-émeraude de mon patron et résister à son charme irrésistible.

Elle met son tailleur qui met en valeur sa silhouette liane de femme volontaire, dynamique. Elle va montrer à son patron qu’elle est la meilleure dactylo de toute l’entreprise. Elle va être promue dactylo en chef. Les tabloïds vont lui consacrer une page entière. Tout le monde se l’arrachera, on clouera une Remington sur sa tombe. Et un câble d’alimentation sortira de sa pierre tombale, et il plongera dans celle de son futur-mari. Et on leur consacrera des films : TRISTAN ET ISEULT RELOADED.

Quelqu’un sonne à la porte. Il était temps. Elle étouffe dans son vingt mètres si désespérément carré. C’est le paumé. Vous savez, ce garçon efflanqué aux os légèrement proéminents. Avec des boucles mordorées et des yeux noirs. Il a trouvé un chat dans la rue. C’est ce qu’il fait tout les jours. Et il cherche quelqu’un pour adopter le chat. Il en profite pour se faire adopter. Patricia se sent seule, au bord du célibat, alors elle l’héberge. Il joue de l’harmonica en dessous d’une potence et s’en va dans le soleil couchant du Far West en chantant Poor lonesome cowboy. Mais il n’a pas de cheval, il fait comme les Monthy Pythons, avec des noix de cocos. Il se présente après. Vladimir avec un W. Il vient d’Europe de l’est. Quand elle était petite, sa mère, Anna Markovna, allumait des bougies sous la photo de Staline. Et puis il aime bien les chats. Il est allé s’enchaîner à des poubelles comme les gens de Greenpeace pour protéger les chats errants. Le chat s’appèle Gricha Wladimirovitch, parce que W. le considère comme son propre fils. Patricia s’interroge sur la grammaire russe. Peut-on donner un patronyme à un animal ? Patricia accueille Gricha Wladimirovitch et lui fait de la bonne goulasch, pour ne pas le dépayser. Ensuite, elle voudrait prendre le S-Bahn de Berlin et elle ira à Alexander Platz parce que c’est le milieu de Berlin et que c’est moche, gris, déprimant ou alors, elle voudrait être en Antarctique. En fait, Vladimir s’écrit avec un W comme West, de Far West, mais il est plutôt moujik que cow-boy.

Il faut qu’elle se reprenne. Si elle continue, elle va devenir morne, ou pire, l’héroïne d’un film d’art et d’essai. Il faut qu’elle se concentre sur son métier de dactylo. Sur son patron qui va bientôt commencer à lui faire des avances qu’elle devra refuser avant de succomber au charmes du double pot d’échappement de sa Jaguar vert-émeraude.

On sonne à sa porte. Vladimir avec un W est torse nu dans la salle de bain. Il joue avec un canard en plastique jaune qui flotte dans une baignoire pleine d’eau chaude, à quarante degré Celsius ce qui fait en Farenheit …Gricha Wladimirovitch vient se frotter contre sa jambe. Elle frissonne. Il faut qu’elle aille ouvrir.
— Bonjour.
C’est son patron, Clark-Brian-Zane-Kyle Amberane. Elle fait semblant d’hésiter à le laisser entre.
— J’aime bien votre silhouette liane, commence-t-il, votre poitrine généreuse et vos yeux bleus. Votre peau cuivrée trahit vos origines italiennes mais on sent que vous avez été élevée ici, à Londres. Vos cheveux sont « blond-vénitien » normal pour une italienne. Vous n’êtes qu’une simple dactylo. Mais vous êtes belle, oh si belle, vous pensez que votre vie est ratée, vous cherchez l’amour, vous pensez trop souvent à l’Antarctique, c’est malsain. Je conduis une Jaguar vert-émeraude, je suis brun, grand, avec une mâchoire carrée, un visage dur mais des yeux incroyablement clairs. Je suis sorti avec toutes vos collègues. Vous dites ne pas être amoureuse de moi. Pourtant, c’est vrai je vous trouble. Ma Jaguar verte se reflète dans mes yeux clairs. Ma mâchoire suggère un caractère puissant, et en effet, je suis né sous le signe du Taureau, comme votre poisson, Wanda.
Patricia tourne la tête vers le bocal. Gricha Wladimirovitch regarde le poisson tourner.
— Vous aimez bien les chats ?
Nerveuse, elle répond :
— En lituanien, Patrica ça veut dire amie des chats, elle prend bien soin de rouler les r, Wladimir déteint sur elle, même dans ses accès de mythomanie.
— Patricia Frogy-ribbit-ribbit, vous êtes une femme fascinante, votre nom m’évoque la voix rauque des crapaud dans le soleil couchant. Un peu comme ma Jaguar vert-émeraude.
Patricia referme la porte.
— Appelez-moi Pat crie-t-elle à travers la paroi blindée.


Elle va dans la salle de bain, ou W. chante une chanson sur l’Antarctique. Il s’est mis dans le bain maintenant. Et son pantalon de pyjama en flanelle grise flotte autour de lui. Elle le rejoint. Son tailleur ne supporte pas l’eau, sa permanente non-plus, tant pis.
— Pourquoi sommes-nous à Londres alors que j’ai des origines italienne et que vous venez de l’Europe de l’Est ?
W. ne répond pas tout de suite. Il regarde les ronds dans l’eau. Cette expression est apoétique en un sens, mais ils s’en fichent l’un comme l’autre. La poésie ce n’est pas une hyperbole, la poésie c’est pouvoir écrire rond dans un poème, sans se sentir malade après.
— Peut-être, dit-il, que c’est le seul moyen de s’enfuir de la caverne.
Il chante sa chanson sur l’Antarctique, elle se débarrasse de ses vêtements.
— On ira tous en Antarctique, dit-elle.
— Toi, moi, Wanda Patriciovitch (et tant pis si les matronymes, ça n’existe pas) et Gricha Wladimirovitch.
— Tu as les cheveux mordorés et des cernes violâtres. Tu ne t’es pas rasé ce matin et ton menton est bleu.
— Tu as des nervures sur les lèvres, un peu comme celles des feuilles de platane. Ta bouche tremble toujours quand tu réfléchis.
— Tu as des callosités sur les doigts.
— Tu fumes des maïs en cachette, et tu les cales derrière tes oreille sans lobes, comme celle des assassins.
— Tu as une cicatrice sur le sourcil. Petit, tu as fait croire à tes amis que c’était parce que l’ennemi américain avait bombardé alors que tu prenais le soleil à côté du samovar, sur la terrasse de ta datcha. Mais en fait, tu t’es juste pris le coin d’une porte.
— Le matin, quand tu fronces les sourcils, tu as un π qui se forme sur ton front. Elle sort de sous la savonnette une petite bande de papier.
— Que j’aime à faire apprendre un nombre utile aux sages, déchiffre-t-elle, et le petit π s’affiche sur son front soucieux.
— 3,1415926535, renchérit-il.
— Le nombre π, c’est comme la Vérité. C’est presque une idée, au sens platonicien du terme, une idée pure
— … absconse (yeah). Oui, tu as raison, on suppose l’infinité chiffres qui suivent cette virgule, on peut en trouver beaucoup, mais on ne le saisira jamais entièrement. D’ailleurs, c’est un entier irrationnel. Le réel est-il rationnel ?
— Je me sens dans un état bizarre.
— Qu’est-ce qu’il t’arrive ?
— Je voudrais être en Antarctique.
— Je te comprend. Moi aussi, ça me manque souvent, plus que mes Carpates natales.
— J’ai toujours pensé qu’il y avait quelque chose de pourri dans le royaume du Danemark.
Elle reprend la savonnette, elle la laisse fondre et trace avec le bout qui reste des lettres décousues sur les carreaux de la salle de bain.
B E G O N E V I L E I N SE CT
[miroir] M A D A Y HT E B O T THG OU I
En bas, elle trace : M. SHELLEY et en dessous : ANTARCTIQUE
— Pourquoi tu aimes les miroir ?
— Parce que je m’appelle Patricia N. Froggy-ribbit-ribbit.
— N pour Narcisse ?
— Oui, mon ancêtre était la grenouille qui voulait se faire plus grosse que le bœuf, elle s’est noyée dans son reflet.
— Je croyais que tu étais une fille de chromosome …
— Je suis une fille de chromosome de grenouille.
— Génétiquement modifiés, non ?
— Sinon je coasserais.
— Essayons autre chose.
Il l’embrassa. Rien. Elle ne pris pas la forme de ses glorieux ancêtres.
— Ribbit-ribbit, minauda-t-elle.
Il l’embrassa à nouveau. Sa bouche avait le goût de l’odeur qu’on ajoute au gaz de cuisine, pas désagréable au fond. Il la voyait bien petite fille, avec des tresses blondes et des chaussures orthopédiques, comme dans les vieille réclames pour le chocolat Suchard.
— Elle était brune, fit remarquer Patricia.
— Qui ça ?
— La fille du chocolat Suchard.
— Mais je n'ai pas ...
— Tu l’as pensé, non ?
Il hoche la tête.
— Maintenant, à ton tour de me dire ton nom entier, dit-elle.
— Vladimir avec un W Odysseusovitch Sans-titre.
— Comme … Sans-titre ?
— Au menton céruléen, oui.
— Je ne m’attendais pas à de l’intertextualité. Comment … ?
Il élude la question.
— Il y a une brèche dans le carreau.
— Impossible.
— Ça signifie que ?
— Peut-être.
— Et si le Monde était amené à disparaître après ça ?
Il n’est pas contraire à la raison de préférer la destruction du monde entier à une égratignure de mon doigt.
— Dans ce cas … après toi.
La brèche s’agrandit, on pu sentir des effluves d’Antarctique, de désert glacé, d’enfer glacé. Il s’y engouffre le premier. Elle le suit. Plus rien. Ils sont passé de l’autre côté du carreau. Ils se sont échappés de la caverne. Les lettres de savons scintillent dans l’obscurité, quelqu’un a éteint les lumière avant de partir.
BEGONE VILE INSECT ! … BE GONE EVIL E IN SECT/BEG ONE VILE INSECT
I OUGHT TO BE THY ADAM …et plus bas en petite lettres : I am rather the fallen angelMais il fait froid en Antarctique a dis Lucifer (≠Satan).
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01.07.2006

Moarf

 

Rien à footre du foutre de ces milliardaires qui bouffent du gazon lucratif.

 

 

Kouka.

 

30.06.2006

Ex-Cerise [Ancien].

 

Cette fille transparente, malgré sa folie bien explicitement ravitaillée en permanence, arrive à transpercer l'opacité blindée qui bouche les artères diformes de mon coeur version acide. C'est incroyable, jusqu'à l'os des évènements, comment cela peut méthamorphoser une vie de chien metalique, en zombi affranchi des exigéances mal qualibrées et oppressantes du temps.Même mes pores en restent dilatés par la force du tourbillon qui souffle sur ma tête de girouette extravagante. Pourtant, en tant qu'anarchiste serein en intérime, je me dis mécaniquement, à chaque seconde qui explose devant mes narines, que ce ne peut être qu'une illusion réalisable
une mirage concret
un circuit parfait
un tremplin sentimental qui booste le moral
en somme, de racine carrée et cubique par ailleurs.....slaaaaaaaaaaaaaaaaaak.

Mort(a)(l)été: carpe diem........Mais je reste toujours un coyote solitaire et affamé.

[Tiens tiens du Marley acoustique bootléguisé sur "France Inter"......cette radio perverse ne cesse de me surprendre...]

Etant donné que ses yeux sont verts-émeraude ou bleus-azur, je n'ose guère perfectionner mes coups d'oeuils tellement ça pétille dans ses prunelles dilatées, alors que les miennes ne sont que des vulgaires chataîgnes agoraphobes, je lui ai donc déja dit des kilos de sessions MSN-caca qu' elle mérite un meilleur cru. Et pas l'allégorie de l'insolence polymorphe dont je me rapproche modestement jusqu'aux quatrins.
Bon j'essaye quoi.....mais je panse donc je suinte.
Quand même.


-Moarf, c'est trop long pour être frais (bang bang! intrusion mentale écrabouillée, rectification: "c'est trop beau pour être vrai").


Puis l'autre jour, que j'ai déja oublié tellement je suis tyranisé par l'incohérence de ce monde perfide et cynique, elle m'a avoué qu'elle avait égarée son odeur, sa personnalité olfactive.
Comment vais-je faire à présent pour m'endormir sereinement sans avoir l'infime possibilté de matérialiser virtuellement cette caractéristique humaine qui m'est tellement chère? (quand ça sent plutôt bon quoi...mais en général les filles c'est des fleurs mimis non?).

Je suis ultralight ce soir, je flotte dans les épis du soleil granuleux...je vais même l'étouffer de ma présence, le contaminer, le pourrir, le bousiller avec mes mauvaises ondes éléctromagnétiques qui transonforment mon entourage immédiat en d'odieux mutants en pâte-à-modeler.

Bref elle est carpé-dimisiée à ras-bord, mais je sais que c'est éphémère, et qu'elle va rechuter bientot, dès que la crasse amorale va recommencer à choir instictivement dans son panorama défensif.
C'est pas juste......mais j'espère que cette mangue gaie va lui durer pour plusieurs bouchées consécutives.
Je le souhaite vraiment
De toute ma sueur.

 

 

Kouka.

 

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