29.07.2006

Treizième heure

Les sirènes grincent sous la varangue : accordons nos violons, violons donc cet accordéon aux accents écorchés de la guitare andalouse !

Dernier tango loin de Paris, une rose entre les dents, et il y aurait fort à parier que rien ici n'est gratuit : cela se lit quelque part entre les tatouages frémissants sur sa peau nerveuse et la lueur dans son oeil que seul un innocent croirait dûe aux néons de la boutique miteuse où s'effarent quelques mouches ivres.

Mais l’ivresse ne justifie pas certaines candeurs, car passés quelques degrés - c'est triste - on ne parle même plus de lubricité.

La tendresse geignarde de l’accordéon persiste à mes oreilles, mêlée de quelques voix sans noms à mettre dessus.

J'harangue la foule narquoise qui fuit dans l'ombre des bénitiers fleuris.

On attend minuit, parle bohême et utopie : on a pas de quoi finir le mois, mais il y a toujours cet ami que l'on a connu il y a quelques années, et qui pourrait
nous faire refuge.

Treizième heure.

Que tu as vieilli, mon bel ami. On sent le passé affleurer, avec ses effluves pestilentiels de larmes salées et d’envols bon marché.
C’est comme un chat un peu perché qui conterait des histoires trop vraies pour être gaies.

Non, pas vraiment une princesse, et je préfère voler autre chose que des coeurs : ces derniers sont des en-cas bien trop visqueux.

"Tabacco ! Spade Queen ! Fun Frog ."

Certains ont la chance d'oublier les visages, mais je suis de ceux qui se souviennent des nuits de rage.

On rit, on évite certains regards, on s'égare et l'on se quitte.

A la Lune.

Peut-être se reverra-t-on au hasard des nuits blanches.

Commentaires

Moi je les oublie facilement, les visages. Une atmosphère folle, un peu d'alcool, beaucoup de rencontres, et puis voilà ! Le lendemain je suis amnésique.

Ecrit par : Lady | 29.07.2006

"On attend minuit, parle bohême et utopie : on a pas de quoi finir le mois, mais il y a toujours cet ami que l'on a connu il y a quelques années, et qui pourrait
nous faire refuge" :

J'aime beaucoup ce passage, cela me rappel des souvenirs, en fait j'ai l'impression de lire quelque chose que j'ai vécu, même si ce n'était point les mêmes circonstances.

Les nuit blanches, l'amnésie je connais bien en ce moment.

L'accident de voiture presque...


Glups.

Ecrit par : Croqueurs I. | 30.07.2006

vé c'était l'¡ndolent qui parlait. Akaash j'aurais un petit truc à te demander par mail....

Ecrit par : Croqueurs I. | 30.07.2006

Je pense que c'est une situation presque universelle ... 'Fin chez les imbéciles idéalistes de notre genre.

Moui, eh bien, demande, je t'en prie. There's no problem.

Ecrit par : A. | 30.07.2006

ok, c marrant t'es sur msn là, je vais voir vite fait....

=O

Ecrit par : Insolent Croqueur | 30.07.2006

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